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Entre prière et partage, les moniales de Jouques accueillent le monde

Entre silence, travail et prière, les moniales de l’Abbaye de Jouques accueillent ceux qui cherchent une halte spirituelle. Dans ce lieu retiré du monde, la vie s’organise autour d’un rythme ancien, où chaque geste — de la terre à la table — devient une forme de prière partagée.

Un immense terrain sépare l’Abbaye de Jouques de la maison d’hôtes bordée de pierres anciennes. Située au cœur de la Provence, cette abbaye bénédictine accueille les visiteurs en quête de séjour spirituel et de ressourcement intérieur.

Le logement s'ouvre par une salle de bibliothèque riche de références religieuses et littéraires.

Sœur Nativité vient à ma rencontre pour la visite du lieu. D’un ton franc, les mains jointes sur le cœur, elle me sourit :

Alors, le dîner est à 18 h 30 pour les visiteurs. Je sais que ça peut faire un peu tôt, mais à 20 h, notre journée de travail est terminée. Car à 20 h, c’est dans le cœur !

Le ton est donné. Ici, la vie monastique s’accorde à un autre rythme : celui du silence, du travail et de la prière.

Le coin bibliothèque ©FloreEditorial

Travailler jusqu’au temps de prière

La journée des moniales débute dans la nuit : à 5 h, les matines, prière du matin avant l’aube, marquent le premier élan du jour. À 7 h 30 viennent les laudes, célébration de la lumière et de la gratitude pour la création. Puis, à 8 h 30, la tierce et la messe. A 9 h 45 commence le travail manuel.

Les sœurs cultivent la terre, fidèles à la devise bénédictine ora et laboraprière et travail. Chiendent, fruits, légumes : tout sert à produire les tisanes et produits monastiques de la communauté. Elles préparent aussi le miel et les repas pour les hôtes, mêlant gestes anciens et attention à la terre.

À table, Lola, une visiteuse venue pour une retraite monastique, demande à sœur Dominique :
Et vous participez aux matines à 5 h du matin tous les jours ? Vous n’êtes pas fatiguée ?
Sœur Dominique répond avec bienveillance :
Non, bien sûr. Il y a des jours où ce n’est pas possible. Mais, vous savez, Dieu ne nous demande pas plus que ce que nous pouvons donner.

Ici, la rigueur se teinte de douceur : la spiritualité au quotidien s’exprime dans le geste simple, la patience du labeur.

Traverse du portail vers le potager pour récolter du chiendent ©FloreEditorial

Une vie de partage entre hôtes et moniales

Chaque hôte est invité à participer aux tâches communautaires, à son rythme. Je m’y essaie aussi, avant de demander une pause au bout de deux heures.
Sœur Dominique rit doucement :
Bien sûr, sentez-vous libre ! Merci pour votre aide.

Les repas se prennent ensemble, dans la grande salle commune. Ceux qui préfèrent le silence rejoignent une pièce attenante, où une musique douce accompagne la méditation. On partage la table, la vaisselle, et parfois les confidences.

Lola me confie :
Je suis venue ici pour me ressourcer après une longue maladie.
Un peu plus loin, Édith trouve refuge dans la chapelle :
J’y calme mes crises d’anxiété.

À l’Abbaye de Jouques, le tourisme spirituel prend la forme d’une expérience partagée : un séjour en abbaye où la spiritualité en Provence se vit dans le concret du quotidien. Entre vie contemplative, travail et prière, la communauté offre un espace où chacun retrouve le lien à soi et aux autres.
Quand la cloche sonne à 20 h, les mains se reposent. Le cœur, lui, continue de prier.

Vue de la chambre Saint André ©FloreEditorial